TABLE
Structure
Radicalité
Théorie
et pratique
Antispectaculaire

Structure
L'aliénation
ne peut être combattue sous des formes aliénées. La
lutte pour l’autogestion passe
par l’autogestion de la lutte. L’IAI est une organisation proconseilliste
antithéocratique
et insurrectionnelle au sein de laquelle ne saurait être toléré
de théologies, de hiérarchies, de spécialisations,
de dogmatismes ou de réformismes. Si ses membres restent libres
et seuls responsables de leur activité en dehors de l’organisation,
l’horizontalité démocratique absolue de l’IAI exige de chacun
d’eux qu’il fasse la critique radicale, théorique et en actes, de
la société existante. L’organisation repose sur l’unité
théorique, tactique et organisationnelle. L’IAI n’est pas un modèle
dérisoire avant l’heure d’une société future qui ne
peut avoir lieu que par l’expropriation de tout par les conseils.
L’IAI n’a pas pour but de représenter ou de diriger qui que se soit
; ses membres ne représentent qu’eux-mêmes et sont prêts
à collaborer avec tous ceux qui partagent leurs thèses.
Radicalité
La critique
radicale n’est pas l’addition de la totalité des critiques mais
une critique de la totalité. Cette critique exclue toute théorie
ou pratique partielles.
Théorie
et pratique
La théorie
n’est pas l’instance souveraine, ni un système de vérités
données une fois pour toutes, mais un projet, un faire, la tentative
toujours incertaine de parvenir à une élucidation du monde.
La pratique antithéocratique n’est pas application d’un savoir préalable
mais le faire qui vise les autres comme êtres autonomes et les considère
comme agents du développement de leur propre autonomie. Le savoir
sur lequel elle s’appuie est nécessairement fragmentaire et provisoire,
non seulement parce qu’il ne peut pas exister de théorie exhaustive
mais parce que la pratique elle-même fait constamment surgir un savoir
nouveau, parce que seul le faire fait parler le monde.
Antispectaculaire
Les antithéocrates
savent que le compromis est bien plus dangereux que la confidentialité.
Tout ce qui peut-être mis en spectacle fait l’aveu de son insuffisance
à critiquer le spectacle. Paraître dans le spectacle de son
plein gré, sans que ce soit pour lui nuire, est toujours une collaboration
avec ce régime. Même y paraître contre son gré
y est souvent un grave échec qu’il vaut mieux prévoir, tant
on risque d’y être déformé ou avili de n’y pas paraître
en ennemi. Lorsque l’on émet une critique sociale conséquente,
on s’abstient certainement de la colporter à la télévision
ou dans d’autres synodes du même ordre.
Une fois entériné le refus de l’art, la forme ou l’“esthétique”
de l’activité et du contenu théorique-pratique révolutionnaire
antithéocratique ne va pas pour autant de soi. Les antithéocrates
se doivent d’adopter une attitude opportuniste en la matière. Si
la théorie vise à élucider et la pratique à
créer une société autonome, la forme ou l’“esthétique”
de l’activité doit tendre, autant que possible, à l’éloignement
maximal des codes tolérés et attendus; elle doit apostasier
le marginal, l’alternatif, l’original et l’allégorique au profit
exclusif de l’inadmissible et du scandaleux - ces derniers ne doivent se
rapporter aux prédicats abjurés qu’incidemment, superficiellement
et secondairement; l’inacceptable et l’insupportable doivent être
systématiquement et sciemment recherchés relativement à
des réceptions et des contextes précis. Aucune forme d’“esthétique”,
de symbolique ou de jeu inacceptable n’étant subversif en tant que
tel ou sous forme d’art, cette négation relative de l’ordre théocratique
de par un contenu “esthétique”, formel ou symbolique n’est valide
que simultanément dans et par une théorie-pratique révolutionnaire
explicite et patente.
Si nos identités sont abandonnées à la police et aux
cryptocommères, c’est que ces identités n’ont aucun intérêt.
La lecture en diagonale qu’impose le spectacle se pratique en lisant un
titre pour un article et une signature pour un essai. Nous ne cherchons
pas à nous faire un nom. Nous sommes trop ambitieux pour cela.